Votre infolettre du mois d'avril, avec au programme : un marathon bien particulier, un premier carnet de campagne, un second hors-série et des infos qui tournent en boucle.
Cher·es lecteur·ices,
Ce n’est pas faute d’avoir été prévenue qu’une campagne de financement participatif, c’est une sorte de marathon. Ça fait suer.
Pourtant, au départ, on avait cette petite voix intérieure qui nous murmurait : « Ça ne peut pas être si difficile que ça, on en a vu d’autres ! »
Mais ça, c’était avant. Maintenant qu’on est mouillé jusqu’au cou, on sait.
Et puisqu’on a à cœur de vous partager les coulisses de l’aventure, voici les trois enseignements que l’on tire chemin faisant.
Primo. Déjouer les algorithmes pour émerger. Il faut, en effet, bien du courage pour visibiliser un message politique sur des plateformes qui n’aiment ni ce terme, ni les levées de fonds des médias indépendants. On est donc sincèrement reconnaissant que des sportif·ves, médias et autres personnalités influentes du secteur s’engagent à nos côtés pour porter notre voix. (Regardez-ça ici, ici, ou ici) <3.
Deuxio. L’art (harassant) de la répétition. Vous connaissez la fréquence d’exposition ? L’idée populaire dans la pub, selon laquelle, il faut être exposé entre 4 à 6 fois à un même message pour déclencher un achat. Eh bien, pour un soutien financier, c’est la même règle. Sauf que rabâcher le même message pendant des semaines, alors que nous, ce qui nous anime, c’est de vous parler des personnes qui pensent le sport et le transforment, c’est un poil fatiguant. D’ailleurs, vous connaissez les sujets qui fâchent dans le sport ?
Tertio. Le test mental de la courbe en « U ». Oubliez la gestion mentale des compétitions, car ici, ce qu’il faut gérer, c’est la descente. Le « U » représente le cycle d’une campagne. Le haut à gauche, c’est le climax du démarrage. Puis s’ensuit une lente descente vers les tréfonds pour entamer une traversée du désert (et on sait de quoi on parle puisque c’est là que nous sommes actuellement). On guette désormais la « remontada » finale, ce moment où les retardataires se mobilise(ront) pour nous porter vers l'objectif. Chiche ?
Cependant, on vous rassure : ces dernières semaines ne font pas que jouer avec nos nerfs. Elles sont également un moment de solidarité et de mobilisation collective immense, durant lequel vous nous prouvez que notre travail vous est utile et précieux. L'information indépendante a un coût, surtout quand elle s'attaque aux idées d'extrême droite. Alors, merci aux personnes qui ont déjà contribué et permettent de rendre cela possible.
Cette étape nous fait mûrir. Que ce soit à travers la publication de notre manifeste, de nos carnets de campagne thématiques (voir ci-dessous) ou du choix de nos contreparties, qui nous engagent toujours davantage envers vous.
Bref, il nous reste huit jours
Huit jours pour tenter d’aller chercher un deuxième épisode, voire, soyons fous, un troisième.
On y croit.
On espère que vous aussi.
Merci de nous lire et de nous écouter,
Clothilde et Sylvain
Tout au long de notre campagne de financement participatif, nous vous partageons les pistes et réflexions pour les épisodes que l’on souhaite financer.
Si le sport se gargarise souvent de valeurs universalistes, la réalité du terrain et des instances révèle bien souvent une tout autre histoire : celle d'un racisme de plus en plus décomplexé qui vise celles et ceux qui osent prendre la parole ou s'engager. Explications.
Des personnalités ciblées pour exclure des sphères de pouvoir
Depuis son élection, le 21 mars dernier, Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, est victime d'un racisme crasse. Son parcours nous interpelle d'autant plus qu'en tant que basketteur et entraîneur au SDUS, il incarne cette figure sportive qui choisit l'engagement politique.
Il n'est pas le seul. Sarah Fraincart a, elle aussi, été la cible d'une vague de haine sur les réseaux sociaux alors qu'elle briguait un mandat local à Troyes. Son “tort” ? Avoir représenté le Maroc en aviron aux Jeux olympiques de 2021… Deux histoires qui font écho à celle de Sarah Ourahmoune, icône de la boxe française, qui a choisi de renoncer à la coprésidence de sa fédération après avoir été la cible d'attaques racistes et sexistes d'une rare violence.
Une « exception française » aux relents discriminatoires
Le racisme dans le sport ne se limite pas aux réseaux sociaux ou aux attaques médiatiques ; il s'inscrit jusque dans la loi. Il y a un an, nous dénoncions déjà l'offensive du Sénat visant à interdire les signes religieux ostensibles en compétition. Sous couvert de laïcité, ce texte cible frontalement les femmes musulmanes portant le voile, restreignant leurs libertés et les excluant, de fait, de la pratique compétitive.
Une politique discriminante qui a atteint son paroxysme lors des JO de Paris 2024, où la France a été le seul pays à interdire le port du voile à ses athlètes. Une mesure dénoncée par Amnesty International comme une atteinte aux droits humains, mais maintenue au nom d'une conception dévoyée de la République.
Résister avant 2027
Enfin, comment oublier le silence assourdissant des dirigeants sportifs lors de la dissolution de l'Assemblée en 2024 ? Alors que l'extrême droite frappait aux portes du pouvoir, le monde fédéral est resté majoritairement muet, là où il aurait dû faire rempart.
Face à ce constat, nous posons la question : qui résiste, et comment ?
Comment incarner réellement l'humanisme prôné par les fameuses « valeurs » du sport ? Quelles tactiques adopter pour que le racisme ne trouve plus refuge dans nos clubs, nos fédérations et nos stades ? Quelles actions concrètes mettre en place pour transformer le sport en un véritable espace de lutte antiraciste ?
C’est à ces questions que nous voulons répondre dans notre épisode traitant de la question du racisme dans le sport. Nous l’avons presque sécuriser. Chaque soutien compte.
Quant aux personnes qui font un travail formidable pour visibiliser ce sujet. On pense évidemment au collectif Basket Pour Toutes et à Amnesty Internationale, à la chaîne Histoires Crépues et au podcast Kiffe ta race. Mais aussi, aux chercheur·es Haïfa Tlili et Seghir Lazri, ainsi qu’au journaliste Nadir Dendoune, que vous pourrez entendre dans notre prochain hors-série, le 4 juin à Bourg Saint Maurice 🔥.
Plongez au cœur de l’ambiance de notre soirée de lancement à la Gaîté Lyrique avec notre hors-série : l’écologie est un sport de combat.
Un échange avec la coach et athlète en crossfit et haltérophilie Sylvie Eberena, le coach indépendant et coach de handball bénévole Alexandre Jaafari et la cofondatrice du médias Diasporas et militante pour la justice environnementale Rania Daki.
L’économiste Timothée Parrique va allier ses deux passions - le surf et la décroissance - lors d’une conférence à l’université de Lausanne mardi 21 avril à 19h. Si vous êtes dans le coin, ça vaut sûrement le coup de s’y arrêter. Sinon, on souhaite bon vent à Capucine Treffot et à Emka de Cannart qui s’apprête à prendre le large vers Gaza avec la nouvelle flottille. Enfin, on termine avec le mic drop de la semaine de Caster Semenya qui s’est exprimée dans Time à la suite de la décision transphobe et régressive du CIO d’exclure les athlètes transgenres des JO (en anglais). D’ailleurs, sur ce sujet, vous pouvez dénoncer cette décision en signant la pétition de la Fondation FIER, puis vous rendre sur notre page de campagne pour nous aider à financer notre 2e épisode qui parlera de transidentité.
On vous l’avez bien dit qu’on était en boucle…
C’est tout pour ce mois d’avril
À bientôt et n'hésitez pas à partager cette infolettre à vos ami·es & à nous laisser des commentaires en répondant directement à cet e-mail, on lit tout !