Dans cette infolettre, on vous parle des dernières heures de notre campagne, de notre épisode sur la transidentité dans le sport et de la soirée d'écoute qu'on prépare avec Nolwen Berthier dans le Vaucluse.
Cher·es lecteur·ices,
Il ne reste que quelques heures. Vendredi soir, il sera déjà temps de clôturer notre campagne de financement participatif. À cet instant précis, nous ne sommes toujours pas certains de pouvoir produire notre deuxième épisode sur les sujets qui fâchent dans le sport.
Or, le monde sportif a rarement entretenu des relations aussi étroites avec les idées d’extrême droite. Entre la récente décision transphobe du CIO, le fait qu'Israël ne soit pas exclu des compétitions internationales et le prix de la Paix de la FIFA décerné à Donald Trump, il est urgent de faire entendre une autre voix.
Notre projet d’épisode sur la transidentité se veut comme un outil de résistance et de compréhension nécessaire dans le contexte actuel.
Nous avons besoin d'un dernier élan collectif. Chaque euro, chaque partage, chaque contribution est le carburant qui nous permettra de franchir la ligne d’arrivée. Rien n'est encore joué, mais nous ne pourrons pas le produire sans vous. Ne laissons pas ce sujet rester sous silence.
Si vous comptiez participer, c’est maintenant ou jamais !
Aidez-nous à transformer l’essai et à donner vie à ce projet essentiel avant qu’il ne soit trop tard.
Merci de nous lire et de nous écouter,
Clothilde et Sylvain
Tout au long de notre campagne de financement participatif, nous vous partageons les pistes et réflexions pour les épisodes que l’on souhaite financer.
Le monde de l’olympisme vient-il de basculer officiellement dans la transphobie ? Quelques semaines seulement après avoir célébré les Jeux de Milan-Cortina comme les plus inclusifs de l'histoire, le Comité international olympique (CIO), dirigé par Kirsty Coventry, opère un revirement rétrograde qui interpelle. En interdisant aux femmes transgenres de participer aux Jeux olympiques dès Los Angeles, l'instance s'aligne en effet sur les politiques conservatrices de l'administration Trump.
Ce retour en arrière de trente ans pose une question brutale : le sport est-il devenu le nouveau laboratoire de l'idéologie réactionnaire ?
Le corps des femmes toujours sous contrôle
Derrière l'argument de l'équité sportive (« fairness »), cet épisode révèle une porosité alarmante entre les hautes sphères sportives et les agendas politiques réactionnaires. En érigeant les personnes transgenres en anomalies, certains dirigeants utilisent le sport comme un moyen de définir arbitrairement les contours de la féminité, de nier la diversité des corps et de mener des offensives racistes toujours plus violentes contre les femmes racisées qui ne correspondent pas aux canons de beauté dominants.
Difficile, en effet, de ne pas faire le lien avec l'acharnement subi par Imane Khelif lors des Jeux de Paris 2024. Mégenrée par Donald Trump et ses relais, elle a été la cible d'un harcèlement mondialisé.
Peu importe ce que dit la science, notamment le British Journal of Sports Medicine, qui précise qu’il n’existe à ce jour aucun consensus scientifique sur un éventuel avantage de performance pour les personnes porteuses du gène SRY.
Peu importe la violence des dispositifs de tests féminins et les questions éthiques que cela soulève, notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée.
Peu importe enfin, la réalité des classements. Car malgré un avantage biologique fantasmé, aucune personne trans n’a jamais été sacré champion·ne olympique.
Des parcours et des vies à célébrer.
Face à ces décisions rétrogrades et transphobes, des voix s’élèvent et défendent une autre conception sportive. On pense à Maho Bah-Villemagne, premier boxeur transgenre à obtenir une licence auprès de la Fédération française de boxe (FFBoxe). Mais aussi à la patineuse Amber Glenn, qui a brandi le drapeau Progress Pride pour la première fois sur un podium en 2024. Ou encore à l’athlète Caster Semenya, qui, dans une tribune on ne peut plus claire au Time Magazine a dénoncé la politique du CIO.
Lutter contre la transphobie dans le sport.
Mais qu'en est-il au-delà des projecteurs olympiques, dans les clubs et pour les pratiquant·es en général ?
L’étude The Outsport Project est sans appel : sur les 5 500 personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) issues des 28 pays de l'UE interrogées, 90 % estiment que l’homophobie, et plus particulièrement la transphobie, est un problème récurrent dans le sport. Et 20 % d'entre elles s'abstiennent de pratiquer un sport qui les intéresse en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.
Face à ces constats, nous posons les questions suivantes :
Comment faciliter la pratique sportive aux personnes transgenres ? Comment rendre nos clubs, nos fédérations et nos stades réellement inclusifs ? Enfin, comment en finir avec l'illusion d'une parfaite égalité dans le sport ?
C’est à ces questions que nous voulons répondre dans notre épisode traitant de la question de la transidentité dans le sport, en donnant la parole à celles et ceux qui vivent cette réalité et qui analysent les racines de cette exclusion. Pour que cet épisode puisse exister et porter ces voix nécessaires, nous avons besoin de vous. Aidez-nous à financer cet épisode.
Chaque soutien est un pas de plus vers un sport qui refuse la transphobie.
Quant aux personnes qui font un travail formidable pour visibiliser ce sujet. On pense à l’associationTRANSpire, à la Fondation FIER, aux posts d’Alexandre Jaafari. Mais aussi à la paracycliste Marie Patouillet et à la sociohistorienne Anaïs Bohuon 🔥.
"On valide la soirée d'écoute ensemble le 24 avril ? Bien sûr, je serai là !!"
Le 24 avril, Clothilde sera avec Nolwen Berthier au Jardin singulier à Saint-Léger-du-Ventoux pour une soirée d’écoute de l’épisode Risque d’effondrement, qui sera suivie d’une discussion collective. Plus d’info ici.