Votre infolettre du mois de mai, avec au programme : un accueil chaleureux, un petit clown, une mobilisation, ainsi qu'un podcast à ne pas louper.
Cher·es lecteur·ices,
Vous avez été nombreux·ses à rejoindre nos rangs ces dernières semaines, et c’est peu de le dire. Est-ce l’écho de notre campagne de financement participatif ou l'interview du « goat » Guillaume Meurice qui vous a convaincu·es ?
Au fond, peu importe le point d'entrée. L’essentiel, c’est que vous soyez là, avec nous. Alors, tout d’abord, bienvenue et merci. Si vous refusez la fable d'un sport prétendument apolitique, naturellement vertueux et relégué au simple rang de divertissement, vous êtes au bon endroit. L’endroit des gens « cool », comme on dit ici.
Cette infolettre, c’est un peu le club-house de Vent Debout. Bien que je vous l’accorde, comme toute métaphore qui utilise le lexique sportif, le rapprochement est un peu bancal, mais vous voyez l'idée. C’est ici que nous partageons nos longs entretiens, nos analyses, nos coups de gueule, nos tribunes et nos cartes blanches. C'est également l'endroit où l'on vous glisse des infos sur les coulisses du podcast et sur nos prochains événements. Bref, avec cette infolettre, vous êtes au cœur de notre projet éditorial.
Cependant, autant vous prévenir - car vous allez vite vous en rendre compte - le jour d’envoi de cette missive est aussi imprécis qu’un plan d’entraînement de troisième division. C’est chaque semaine, ou presque. De préférence le matin, à la fraîche, mais même ça, ça peut bouger.
La seule chose qui demeure, c’est notre ligne éditoriale, qui allie expériences de terrain, rigueur scientifique et activisme (de quoi, on l’espère, vous donner envie de lire nos précédentes éditions et notre manifeste, si ce n'est pas déjà fait).
D’ailleurs, si vous avez la moindre question sur un thème sportif ou une ancienne parution, n'hésitez pas à nous écrire. On se fera un plaisir de déterrer certaines archives pour vous.
Merci de nous lire et de nous écouter,
Clothilde et Sylvain
Ça, c'est Jeanne Lepoix et sa fille Zoé, qui s'apprêtent à partir à l'aventure
Avec le retour des beaux jours et l’enchaînement des ponts de mai, c’est le moment idéal pour (re)découvrir notre épisode au croisement du voyage, du vélo et de la parentalité.
Dans « Touristes, tous⸱tes en selle ? » (Saison 1), nous donnons la parole à Rémy Knafou, géographe spécialiste du tourisme, et à Jeanne Lepoix, cycliste hors pair qui parcourt les routes de France avec sa fille Zoé. Deux passionnées de vélo qu’on vous recommande grandement de suivre pour faire le plein d’idées pour vos prochains week-ends prolongés avec enfants. #BikePâquesKids
5 Questions à…, ou la rencontre d’un·e sportif·ve, qui comme nous, pense qu’un autre sport est possible.
Matéo Bales est créateur de vidéos humoristiques qui allient politique, justice sociale et environnement, quand ça ne parle pas de ses passions, qui touchent principalement au vélo et à la course à pied. Également comédien, réalisateur et auteur du podcast sportif « Fallait que ça sorte », Matéo est un petit clown passionnant, que l’on est ravis de vous faire découvrir.
© Ralfagram
Pour moi, une pratique écolo, c'est une pratique qui se fait ni plus, ni moins, dans la joie et dans le respect des autres. Quant à stylée, je dirais que c’est une pratique régulière, qui se fait sans s'abîmer, en respectant ses propres limites. Je connais trop de gens qui n'osent pas se mettre au sport, parce qu’on associe trop souvent ce qui est dur à ce qui est stylé. Je pense, au contraire, qu’il faut déconstruire ça. Après, j’associe aussi ce qui est stylé à ce qui est marrant. L'été dernier, j'ai par exemple fait 150 km en vélo tandem avec un ami, juste pour aller manger une glace en bord de mer. C'était long pour une glace, mais on a bien ri.
S’il y a un truc où je me dis que c’est la cata, c’est sur le textile. Ça me questionne beaucoup, tout ce matos qu’on achète neuf et qu’on renouvelle sans arrêt. Il faut qu’on désacralise le matériel, car on s’est tous fait avoir par le marketing qui l’entoure. Moi, le premier, dans la vie de tous les jours, je ne porte que de la seconde main, mais mon placard de sport me fume...
Comment a t-on pu en arriver à ce que les amateurs du fond du peloton dans le trail soient aussi équipé·es que les champion·nes qui courent l’UTMB en moins de 20 heures… ?
Le sport est d’abord politique parce que c’est un outil de communication de zinzin. L’une de mes plus grandes contradictions dans la vie, c’est d’être à la fois méga engagé contre beaucoup d’entreprises climaticides tout en étant fan de cyclisme. Un sport ou littéralement chaque sponsor de chaque équipe du peloton professionnel, hommes comme femmes, est une catastrophe… Pétrochimie, banques, assurances, pas une seule de ces marques ne va pas à l’encontre de mes valeurs… C’est donc ultra politique que de réussir à me faire consommer ces marques. C’est vraiment la preuve que le sport est un espace de bataille culturelle extrêmement important.
Tout est parti de l’envie de comprendre ce que mon grand frère a pu ressentir lorsqu’il a parcouru ses premiers 100 km. J’étais là pour l’encourager, et je garde de cette journée un souvenir unique. À l'époque, 100 km, ça me paraissait fou, mais il avait mis tout son cœur dans cette épreuve, et exprimé tellement d'émotions, que j’ai voulu, moi aussi, essayer. N'étant à l’origine pas du tout coureur, j'ai commencé doucement. Et le jour de mon premier 50 km, j’ai compris. Quand j'ai franchi la ligne d'arrivée, je me suis littéralement effondré de fatigue, tellement ça avait été dur, mais j'éprouvais un mélange d'émotions et une grande harmonie, c'était très étrange. C'est à partir de ce moment-là que j'ai eu envie d'explorer davantage cette expérience intime, et que « Fallait que ça sorte » est né.
Le mouvement, et la course en particulier, m’ont énormément aidé à apprendre à gérer mes émotions. À les comprendre, à les exprimer ou à les extérioriser. J’avais déjà l’humour, et ça, ça va, je gérais le dossier ; mais l’ajout du sport m’a permis de gagner en stabilité. J'étais plus à l'aise avec les autres et je n'avais plus besoin de me cacher en surjouant la comédie. Désormais, il m’est hyper important de garder une pratique sportive amusante, sans objectif de performance, sans montre et sans mise en scène. Il faut avant tout que ça réveille le petit clown qui est en moi.
Ce que j’aime particulièrement avec le sport, c’est que c’est un bel objet pour raconter des histoires. Mon pote grimpeur Pablo Recourt, a par exemple pris un voilier pour aller faire une voie en Norvège, avant de revenir en vélo. Quand un athlète fait quelque chose comme ça, je trouve ça impressionnant, car ça bouleverse toutes les échelles de valeur de ce qui est possible ou non. Ça raconte une histoire qui prend soin des gens, et de la Terre, et qui ne se limite plus à « je suis allé grimper un mur », aussi difficile soit-il, ou à « j’ai fait les sept marathons majeurs du monde dans la même année », parce que je suis riche, et que je peux le faire.
© Ralfagram
À l'initiative de la FSGT, plusieurs structures sportives et associatives (dont Vent Debout) se sont regroupées pour dénoncer la mesure du CIO de mars 2026, qui conditionne désormais la participation aux épreuves féminines des JO à des tests génétiques. Une mesure sexiste et transphobe qui signe un retour en arrière de trente ans pour la lutte contre les discriminations liées aux genres, et qui impose une vision binaire de la société.
Pour lire la tribune en intégralité et rejoindre les organisations signataires : c’est ici
FSGT, Rouge direct, FC Paris Arc-en-ciel, Paname pride FC, Anestaps, Vertige Média, Fédération sportive LGBT+, Fondation fier, Transpire, Les dégommeuses…
Il fut un temps où on croyait que le sport transcendait tout ou presque : mais est-ce vraiment le cas ?
Le 3 juin à 19h00 Clothilde sera sur le plateau du podcast Les vies qu’on mène, aux côtés d’Aya Cissoko et de Seghir Lazri. Animé chaque mois à la Gaîté Lyrique par Taoufik Vallipuram, Samah Karaki et Ano Kuhanathan, ce podcast raconte le monde dans lequel nous vivons en politisant les récits de vie invisibilisés.
Dans cet épisode : « nous explorerons la manière dont les pratiques sportives révèlent les rapports de classe, de genre, de race et de capital culturel, ainsi que la façon dont les discours médiatiques et politiques utilisent le sport pour produire des récits sur la nation, l'identité ou le « communautarisme ». »
On continue avec quelques dates à noter dans l’agenda. Le 19 mai, si vous êtes à Paris, l’association Banlieues Climat organise l’avant-première de son docu C’est plus que du vélo réalisé par Sky’z da limit, à l’UGC Bercy. Si vous êtes du côté d’Annecy, l’association Femmes en montagne fête ses 10 ans, le 20 mai, lors d’une grande soirée entourée de figures du milieu. Foncez, l’entrée est libre. Puis le 9 juin, ce sera au tour de Res Sportiva de vous convier au tout premier Panorama international consacré à l'innovation sociale par le sport. On y sera pour animer une partie de l’événement. Venez.
On poursuit ensuite, avec un point formation. Si vous êtes un·e professionnel·le du sport désireux·se de vous former aux enjeux écologiques, le DU de l’Université Savoie Mont Blanc ouvre ses inscriptions pour la prochaine promotion (plus d’infos ici). C'est aussi le cas de The Ordinary Project, qui lance son appel à candidatures auprès des athlètes et des marques après le succès de sa première édition (plus d'infos ici).
Enfin, on termine en beauté avec les trois actus politiques qui nous ont marqué ces derniers jours. La première nous vient des copains de Vertige Média et c’est une tribune qui résonne tout particulièrement avec notre ligne éditoriale : « Juste grimper » : la fiction commode d’un sport sans problèmes. La deuxième, c'est évidemment la prise de parole de Kylian Mbappé contre le RN dans Vanity Fair. Cette fois-ci, fini les « ni-ni » un peu bancal, Kiki a lâché les chevaux, pour notre plus grand plaisir. Merci et courage à lui face à tous les pontes du RN qui se disent choqués et tentent tant bien que mal de nier sa capacité de citoyen à s'exprimer. Enfin, on reste dans le foot pour la troisième info, car c’est l’image de Lamine Yamal brandissant le drapeau palestinien à l'occasion de la célébration du 29e titre de champion d'Espagne du FC Barcelone 🇵🇸.
C’est tout pour ce mois de mai
À bientôt et n'hésitez pas à partager cette infolettre à vos ami·es & à nous laisser des commentaires en répondant directement à cet e-mail, on lit tout !