Votre infolettre du mois de février avec au programme : nos moments forts à nous des JO, un point sur les municipales, un épisode sur le vivant et le meilleur concert de l'année.
Cher·es lecteur·ices,
Les JO viennent de se clôturer. Comme à notre habitude, nous avons laissé aux autres les envolées lyriques sur la « beauté du geste » et la mise à jour du tableau des médailles pour vous proposer cet édito qui retrace les moments forts qui nous ont régalés. Des moments où des éclats ont ébréché le vernis trop lisse de l’apolitisme sportif. Et franchement, ces Jeux n'ont pas démérité. Voici notre palmarès. Tour d'horizon.
On commence avec l’un des moments les plus inattendus de cette quinzaine. Direction la Suisse, sur la RTS. Le commentateur Stefan Renna a livré une analyse aussi singulière que courageuse lors du passage du pilote de bobsleigh israélien Adam Edelman. Si la séquence a été retirée depuis, Internet a la mémoire longue. Et ça fait du bien, car récemment, les commentateurs sportifs nous avaient plutôt livré de grandes inepties sexistes, comme ici ou ici. Une séquence, non sans conséquences pour l’intéressé, qui a subit la pression du Comité olympique israélien. Lequel demandait sa suspension et des excuses, en avançant pour ligne de défense que de telles déclarations « sapent les valeurs fondamentales du mouvement olympique, notamment le respect, l'égalité et l'unité entre les nations et les athlètes ». On croit rêver !
On poursuit ensuite avec les athlètes qui ont choisi de s'exprimer sur l'état du monde, défiant ainsi la sacro-sainte neutralité politique prônée par la Charte du CIO. On pense notamment aux Américains qui ont réagi à la politique migratoire de Trump, avec une mention spéciale au skieur et porte-drapeau Hunter Hess, ensuite traité de « vrai loser » par son président. Mais aussi à la patineuse Amber Glenn, ouvertement bisexuelle, qui a exprimé son soutien à la défense des droits de la communauté LGBTQIA+ et a subi en retour une vague de harcèlement qu'elle a parfaitement clôturée en remportant l'épreuve par équipe, avec le message suivant : « They hate to see two woke b****hes winning » Mic drop.
Côté tenue, même combat. Car si la censure a frappé, les images et les messages, ont eux, bien circulé. On pense évidemment à l'Ukrainien Vladyslav Heraskevych, pilote de skeleton et à son casque rendant hommage à plusieurs de ses ami·es athlètes tué·es par la Russie depuis le début de la guerre. « C'est le prix de notre dignité », a-t-il déclaré après avoir été disqualifié. Mais aussi à l'équipe haïtienne et à sa tenue pour la cérémonie d'ouverture, conçue par la créatrice Stella Jean. Celle-ci représentait initialement Toussaint Louverture, figure majeure de la révolution haïtienne et fondateur de la première république noire du monde. Censuré par le CIO, le design final ne laissait voir que le cheval rouge, symbole de la résistance haïtienne.
Enfin, on salue la tribune de la biathlète groenlandaise Ukaleq Slettemark, qui, dans un article publié dans le magazine Time, a dénoncé le partenariat entre les JO et l’entreprise Eni, le Total Énergie Italien. « Imagine the impact if the International Olympic Committee and national sport federations drew a clear line and banned fossil fuel sponsorships altogether ». Perso, on n’a pas de mal à l’imaginer. On a d’ailleurs fait une vidéo sur le sujet pour dénoncer ce partenariat et expliquer ce qu'Eni a à y gagner.
Et pour clôturer cet édito, un peu d’humour pour décompresser entre deux colères légitimes, avec les champions qui nous ont bien fait rire pendant l’événement. Ping Yann Marguet, la FFL, et Aymeric Lompret.
Merci de nous lire et de nous écouter,
Clothilde et Sylvain
Tu vois là haut le niz d'oiseaux
La biodiversité est un foisonnement inouï : animaux, plantes, micro-organismes. Une trame immense, complexe, tissée par près de 11 millions d’espèces. Mais ce fil est en train de rompre. Les scientifiques l’appellent la sixième extinction de masse. La dernière fois que le monde a connu un tel bouleversement, c’était au Crétacé, lorsque les dinosaures se sont éteints. Aujourd’hui, la catastrophe, c’est nous. Nous faisons disparaître des espèces entières à un rythme inédit. C'est une crise silencieuse, qui se joue à bas bruit, juste sous nos semelles.
Mais est-ce que cela nous concerne vraiment, nous, les sportif·ves ? Sommes-nous capables de grimper, de courir, d'explorer, sans déchirer cette trame fragile ? Et au fond, sommes-nous vraiment chez nous dans ces milieux ou simplement des invité·es de passage ?
Dans Risque d’effondrement, suivez-nous à la rencontre de la grimpeuse Nolwen Berthier
et de l’audio-naturaliste Marc Namblard.
Un épisode produit grâce au soutien de la fondation Petzl
… Et vous savez quoi ? On est d’accord avec le constat que fait Philippe Diallo, président de la FFF dans Les Échos : « le sport est un peu le parent pauvre des débats politiques ». Comme quoi, tout arrive.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on s’est associé avec une trentaine d’associations pour porter le document suivant et peser dans les programmes des candidat·es : « Et si le sport changeait nos communes ».
Et il n’y a pas que nous. La FSGT a également publié neuf propositions réparties selon trois axes : le rôle démocratique des associations, l’action municipale en faveur du sport et de l’éducation populaire, ainsi que le soutien aux clubs, qui sont des espaces de citoyenneté et de cohésion sociale. Côté montagne, l’association Mountain Wilderness appelle quant à elle à un sursaut politique pour des montagnes vibrantes, sobres et résilientes dans son manifeste.
Et sinon, hors du champ sportif, on vous recommande d’aller jeter un oeil à la cartographie de Streetpress, qui permet de visualiser les villes susceptibles de basculer à l'extrême droite lors de ces échéances électorales. Ainsi que le test de parité sociale développé par le collectif Démocratiser la politique, qui permet d’évaluer si vos candidat·es représentent réellement les habitant·es de votre commune.
Pour le reste, rendez-vous dans les bureaux de vote les 15 et 22 mars prochains.
Que dire sans répéter ce qui a déjà été écrit sur le show de la mi-temps du Super Bowl signé par Bad Bunny ? C’était fou. Vibrant. Fédérateur. Dans un tout autre registre, cela nous a rappelé la cérémonie des Jeux olympiques de Paris 2024. L’un de ces moments où le stade devient plus qu’une arène. Un espace multiculturel, inclusif, politique au sens noble. Quand la pop culture dépasse le divertissement pour toucher au symbole. C’est beau. Et ça change le monde.
Mention spéciale à Austinjklapman, la touffe d’herbe la plus sportive du week-end, qui a uploadé sa performance sur Strava. Pour une fois que l’appli sert à autre chose qu’à assouvir ses égaux mal placés.
Ce mois-ci, on vous recommande la lecture de l'interview réalisée par Vertige Media avec Opening up the outdoors (OUTO), « Dans l'outdoor, tout le monde prétend que le racisme n'existe pas ». Mais aussi, le reportage de Fracas, sur la station de Métabief, Ski s’est passé (oui, ils ont osé ce titre). L’occasion de relire, l’interview que nous avions nous-même réalisé avec Olivier Erard sur Métabief en 2023 : Acter la fin du ski : l’exemple de Métabief. Sinon, on a ADORÉ le livre de Julien Vitores : La nature à hauteur d’enfants publié aux éditions La découverte. Et on est également fan du dernier CLIMAX On peut plus rien lire.
Vous souhaitez organiser une rencontre autour d’un épisode de Vent Debout, contactez-nous : hello@ventdeboutpodcast.fr
C’est tout pour ce mois de février
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