Pensée comme un module de formation à destination d'athlètes et de marques sportives, cette newsletter a été rédigée par Clothilde de Vent Debout. Nous la partageons ici afin d’en élargir la diffusion.
Pour comprendre ce qu’est l’intersectionnalité, il faut regarder comment notre organisation sociale est structurée. L’envisager en termes de rapports de domination.
En effet, il existe des relations inégalitaires entre certaines personnes ou certains groupes, fondées sur des dynamiques de pouvoir et d'autorité. Ces hiérarchies sociales engendrent de multiples formes de discriminations systémiques, telles que l'accès limité à certains droits, des discriminations à l'embauche, des violences symboliques ou physiques, la mise à l'écart de décisions collectives, etc. Cela, alors que d’autres bénéficient de privilèges, souvent invisibles, mais réels.
Parmi les systèmes de domination les plus connus, on retrouve notamment le patriarcat, qui est un système de hiérarchisation entre les êtres humains fondé sur le sexe, et le racisme, système de hiérarchisation entre les êtres humains fondé sur la « race ». Deux concepts sans aucun fondement biologique, mais avec des effets sociaux bien réels. Moins connu, mais tout aussi problématique : le spécisme, qui correspond à l’idée selon laquelle l’espèce humaine serait supérieure aux espèces animales, justifiant ainsi leur exploitation pour des raisons économiques, culturelles ou alimentaires. Mais aussi, le validisme, (discrimination envers les personnes en situation de handicap), l’âgisme (discrimination liée à l’âge), la grossophobie (discriminations des personnes perçues comme « grosses »), le classisme (discrimination fondée sur une appartenance à une classe sociale), etc.
N.B. Il est important de distinguer les oppressions systémiques, qui sont récurrentes, et qui émanent parfois des institutions, des ressentis individuels. Certaines personnes évoquent par exemple un « racisme anti-blanc », alors que ce terme ne désigne pas un système structuré de domination mais des expériences personnels. Le racisme systémique, tel qu'il est défini ici, repose sur des rapports de pouvoir ancrés historiquement et socialement, qui ont un impact profond sur les trajectoires de vie des personnes racisées. En France comme ailleurs, ce système ne vise pas les personnes blanches, et c’est pourquoi, factuellement, le « racisme anti-blanc » n’existe pas. Et si vous voulez creuser ce sujet il y a un petit livre excellent qui résume tout en moins de 100 pages.
Race de Sarah Mazouz (éditions Anamosa).
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