Pour une redirection écologique des piscines municipales

Rencontre avec Diego Landivar, fellow à l'Institut d’études avancées de Nantes, enseignant chercheur à Clermont SB et directeur d'Origens Medialab

Vent Debout
9 min ⋅ 17/09/2025

Enseignant-chercheur à l'École de management de Clermont-Ferrand, Diego Landivar est également directeur d’Origens Medialab, un laboratoire de recherche dédié à la redirection écologique. Leur dernier sujet d’enquête, mené pour la mairie de Grenoble, porte sur l'avenir des piscines municipales, dont beaucoup arrivent en fin de cycle. On vous fait découvrir cette étude passionnante dont les résultats ont conduit la ville de Grenoble à renoncer à la rénovation de l'une de ses piscines, et dont les enseignements permettent d'envisager le rôle politique et social des infrastructures sportives sous un nouveau jour.

Peux-tu présenter ce qu’est Origens Media Lab ?

Il s'agit d'un laboratoire de recherche situé à Clermont-Ferrand et qui travaille sur les enjeux de l’anthropocène. Nous sommes une quinzaine de chercheurs et nous explorons la manière dont les territoires, les organisations et les infrastructures adaptent leur modèle face aux enjeux climatiques et écologiques. Pour cela, on mène des enquêtes à la croisée des sciences sociales, de l’écologie et des sciences de la Terre. Une de nos spécificités, c’est de nous intéresser à ce qu’on appelle des infrastructures et organisations « sentinelles », c’est-à-dire confrontées, avant les autres, aux perturbations écologiques et climatiques, au même titre que les sentinelles écologiques ou climatiques comme les barrières de corail ou les glaciers qui sont les entités à subir les effondrements écologiques en premier.

Avec Alexandre Monnin et Emmanuel Bonnet, tu as popularisé le concept de « redirection écologique ». Peux-tu rappeler de quoi il s'agit ?

Notre travail s'inspire, entre autres, des travaux de Tony Fry, un chercheur et designer australien qui explique que tout ce que nous avons conçu et designé dans notre civilisation occidentale moderne, capitaliste et industrielle - nos formes d'organisation sociale, nos modèles économiques, nos infrastructures sportives, nos artefacts, etc. - sont désormais caduques face à la nouvelle situation terrestre, écologique et climatique. Et qu’il faut donc les re-designer à l'aune de ce nouveau contexte. Et la redirection écologique, c'est ça : c'est une invitation à rouvrir la vieille question de la conception, de la production, de la fabrication mais aussi de l’usage et du besoin à l’aune du nouveau régime d’habitabilité terrestre.

« La redirection écologique est une invitation à rouvrir la vieille question de la conception, de la production, de la fabrication mais aussi de l’usage et du besoin à l’aune du nouveau régime d’habitabilité terrestre. »

Une de vos plus importantes enquêtes porte sur les piscines municipales. En quoi sont-elles des infrastructures « sentinelles » ?

Pour décoder le fonctionnement de ce type d’infrastructures, il est souvent intéressant d'observer les périodes de pannes ou de dysfonctionnements, car, comme le disait Bruno Latour, c'est à ces moments-là que nos infrastructures, d'ordinaire invisibles, deviennent visibles. C’est typiquement ce qu’il s’est passé pour les piscines municipales. Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté et que les factures énergétiques ont flambé, la dépendance logistique et matérielle de la France vis-à-vis du gaz russe a été révélée. Les maires ont pris conscience des gouffres énergétiques et financiers que représentaient leurs piscines, ainsi que des liens qu'elles entretenaient indirectement avec Poutine et sa guerre atroce. Et effectivement, comme les piscines sont très consommatrices de fluides (eau, gaz et électricité), elles sont souvent en première ligne dans les schémas de transition des collectivités, aux côtés des patinoires, des musées et des grandes scènes culturelles.

Avant les piscines, vous aviez étudié les stations de ski. Le sport serait-il un levier central pour penser la redirection écologique des territoires ?

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Vent Debout

Par Clothilde Sauvages

Vent Debout, c’est Clothilde Sauvages et Sylvain Paley. Nous sommes deux sportifs ayant pratiqué la compétition sur les circuits nationaux et internationaux. Tumbling, wakeboard et ski alpin. Mais dans le civil, nous avons d’autres casquettes : Clothilde est entrepreneuse indépendante, journaliste et alumni du collectif Ouishare. Elle passe une grande partie de son temps à monter des projets de société. Sylvain est réalisateur de production audiovisuelle et co-fondateur de Société Nouvelle, un collectif d’indépendants au service de l’intérêt général. Ensemble, nous nous sommes réveillés un matin en se disant qu’il serait intéressant que l’on tente de réunir ces deux facettes de nos vies.

Car dans le « tout est politique » que nous fréquentons au quotidien, le sport fait toujours exception. Pas assez sérieux ou pas assez intello ? On invite rarement les athlètes pour leur demander leur avis sur la réforme des retraites, les violences policières ou le dérèglement climatique.
Et pourtant ils et elles ont des choses à dire. C’est pour les entendre qu’est né Vent Debout.

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